2017 Musée national de la marine

« Pourquoi pas ? »

Le pouvoir évocateur de la mer n’a pas perdu de sa force. Celle-ci reste à jamais associée à l’idée de liberté, d’ouverture et d’aventure; à l’ailleurs, au baudelairien ‘là-bas’. On réalise soudain que le Musée de la Marine est constitué de plusieurs lieux qui fonctionnent en réseau et qu’il est ainsi tout à la fois ici, sur la colline de Chaillot, et en même temps là-bas, dans des citadelles ou châteaux forts d’où l’on scrute l’horizon ; à Toulon, Rochefort, Port-Louis et Brest. Pour relier mentalement Paris à Port-Louis, il faut cependant de l’imagination. Car à Chaillot le musée est clos. Le lieu exprimerait bien l’ouverture, avec ses deux longues ailes qui embrassent un paysage traversé de bout en bout par la Seine; avec le champ de Mars en ligne de mire et la tour Eiffel, gigantesque phare dans la nuit. Mais le musée est clos. De pâles stores en bouchent les perspectives car la lumière est néfaste aux œuvres. Aussi, face à l’une des plus belles vues d’une des plus belles villes on circule sans repères. Le soleil qui guide les marins est proscrit. La Seine qui coule vers la mer, sacrifiée. Le musée de la Marine fonctionne en huis clos. Pourquoi, cependant, ne pas faire aujourd’hui du musée une escale dans la ville, un lieu où le paysage a un sens, où la beauté du site appelle d’autres horizons? La galerie Davioud, avec son beau volume sous verrière, serait alors réservée à la présentation des collections tandis que la galerie Carlu, libérée des contraintes muséographiques, serait aménagée en vaste promenade en accès libre, mettant en relation les services du musée dans un face à face somptueux avec la tour Eiffel.

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