2002-2006 Cité Hermès

Le projet vise à rassembler sur un seul site, à Pantin, les douze métiers historiquement réunis au sein de la maison mère, rue du Faubourg Saint Honoré. Le site est constitué d’un ensemble de parcelles indépendantes, acquises au fil du temps, sur un même grand îlot que caractérisent son hétérogénéité, la disparité des échelles et le morcellement du bâti. Il est dominé par le bâtiment dit Pyramide, première tentative de regroupement de la société en 1988. Le projet tient compte du caractère incertain du paysage urbain, de la qualité de la vacuité du cœur d’îlot et de l’esthétique générée par la verticalité des pignons qui le bordent. La Pyramide, où démarre l’histoire d’Hermès à Pantin, reste au cœur du dispositif. Le projet lui adjoint des satellites disséminés sur le site et reliés par un large plateau encastré dans le sol. L’unité du lieu est réalisée par ce simple et ample geste horizontal qui rattache entre elles les parties tout en absorbant, en infrastructure, la moitié de la masse construite. Les bâtiments, en superstructure, suivent une logique commune : adossement à l’existant, accroche sur la rue et recherche d’une centralité en cœur d’îlot qui les oriente transversalement ; soumission aux règles du prospect, enfin, qui leur confère leur gabarit si particulier. Le plateau irrigue la base des constructions. Il accueille, en sa périphérie, les principaux services communs, salles de réunions, cafétéria, mais aussi les ateliers de coupe du cuir, le travail étant, ici, une valeur revendiquée. Son centre reste libre. Il constitue l’axe majeur de communication entre les personnes, au quotidien, et le lieu privilégié des évènements, tels les podiums ou les fêtes de lancement du thème annuel des collections. Vue d’ici, en contre plongée, la cité Hermès s’appréhende à la fois dans son unité et sa diversité.  Les minces constructions où logent les métiers, intimement imbriquées dans leur environnement au point de sembler s’y fondre affirment dans le même temps, distinctement, par la récurrence du processus, leur appartenance au socle qui les relie.

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