2000-2004 Maison des Adolescents, Maison de Solenn

Pour vous rendre à la Maison des Adolescents, vous longez le boulevard du Port-Royal en sortant du RER. A l’endroit où le bâti s’infléchit, vous êtes arrivé. Vous la voyez de loin, du reste, dans la perspective dégagée. L’objectif, ici, était d’offrir un lieu qui, tirant parti du site dans ce qu’il a de proprement exceptionnel, ses 120 mètres de linéaire sur le boulevard, permette aux jeunes malades internés de rester en contact avec l’extérieur. Le bâtiment s’étire alors d’un bout à l’autre de la parcelle et s’oriente délibérément vers la ville, laissant en retrait l’hôpital Cochin. L’inflexion qu’il s’autorise par rapport à l’alignement exacerbe la capacité du lieu à capter l’animation urbaine tout en ménageant la distance nécessaire à l’intimité des adolescents. Des arbres prolongent, dans l’espace libéré, les plantations d’alignement. Le hall d’accueil se situe dans la continuité de l’esplanade. Il est invitation à entrer. Ouvert, transparent, en prise direct avec la chaussée, il se situe aux premières loges par rapport à la scène urbaine. Si l’étirement du bâtiment sur le boulevard et son inflexion constituent bien l’acte fondateur du lieu il fallait cependant pousser l’idée pour dépasser, là, le simple spectacle de la ville. Les circulations sont alors disposées le long de la façade, les pensionnaires impliqués physiquement lors de leurs déplacements dans la dynamique urbaine. La façade, par la répétitivité des profilés, leur finesse, offre l’abstraction nécessaire à la fluidité des échanges. La transparence et le reflet y créent une constante ambigüité sur les limites. Les films verts du vitrage, captent la masse mouvante des frondaisons, ton sur ton. La pénétration de la lumière est matérialisée par la couleur. Au sommet du bâtiment, c’est une large terrasse que l’on découvre, d’où l’on domine le paysage. Surplombant la ville et son brouhaha, détaché des contingences, on se sent ici en sécurité, libre et protégé à la fois.

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