2002 Musée de l’audiovisuel

Incantation à l’arc qui se décline à l’infini, jusqu’à l’abstraction, le lieu appelle le vide. Le projet de reconversion du palais mussolinien en musée de l’audiovisuel garde intacte la puissance du dispositif scénique d’origine. La double couronne de galeries périphériques reste inoccupée pour laisser libre cours au jeu implacable de l’ombre et de la lumière qui confère au bâtiment sa présence si caractéristique dans le paysage. Les nouvelles fonctions sont alors cantonnées dans le vide de la cour centrale.  L’activité se concentre dans un noyau dense, actif, qui relie dans un flux continu la base au sommet et irrigue verticalement le bâtiment. L’échelle y est démultipliée. A chaque niveau de galerie correspondent, dans la cour investie, trois niveaux de plateaux. Du long pan noir qui délimite l’enceinte du musée vers l’intérieur surgissent les images à fleur de peau. On accède, en le franchissant, au pays des merveilles technologiques. L’univers du noyau est purement artificiel, succession d’espaces voués à l’image et au son où la présence du ciel au zénith, parfait rectangle bleu,  semble elle-même irréelle. Après tant d’années, mais peut-être cette distance était-elle nécessaire, le « colosse carré » se réveille. Le bâtiment reste ce qu’il fut, énigmatique et fascinant. Mais par delà la façade immobile, on ressent le frémissement de la vie qui l’envahit, emplissant au gré de sa respiration les 216 arches de sa périphérie. C’est la lumière, toujours, qui dirige le regard. Mais elle ne se perd plus dans les profondeurs abyssales. Au cœur du bâtiment, elle est captée puis restituée. Le vide préservé des galeries constitue le volume de mise en résonance des lieux. Le bâtiment n’attire plus à lui de façon univoque. Il échange. Et l’arc, désormais, signifie cet échange.

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